Mission Femmes/enfants et informatique

Mardi 27 mai



16h32 : un texto tombe « on est très bien arrivés, il fait 41° bises à tous »

Arlette Syriès (responsable de la commission femmes/enfants), Christine Zerbone, et Jean Laponche viennent d'arriver sur le sol nigérien pour une mission qui va durer 15 jours.

Jeudi ils seront rejoints par Bernard François, responsable de de la commission informatique

On leur souhaite un bon séjour malgré cette canicule

En fonction des informations qui nous parviendrons vous pourrez suivre régulièrement leur périple sur ces pages.

Mercredi 28 mai

Deux jours de voyage en 4X4 pour rejoindre Agadez (991 km pour être précis).

Avec une obligation de taille : se trouver le jeudi à 15h précises à Abalak pour rejoindre le convoi militaire qui les conduira jusqu'à Agadez sinon il faudra attendre le lendemain ! C'est pour cela que la marge des deux jours est nécessaire.

Leur arrivée à Agadez est donc prévue pour le début de soirée.

Ils sont accompagnés d'Ibrahim Wanaka, responsable de l'ONG AGAJI AGADEZ, association avec qui nous sommes partenaires sur les projets de cantines scolaires et qui va les guider pendant tout leur séjour.

Jeudi 29 mai

Et un de plus.... Bernard FRANÇOIS, le maître de l'informatique, vient d'arriver cet après midi à Niamey, il a fait bon voyage et la température est supportable... Ce soir, il ne devrait pas faire long feu car le réveil doit sonner à 2 heures du matin pour prendre le bus qui va le conduire le soir même à Agadez.
Voilà une rude expédition en perspective....

Quant à notre trio qui est parti en éclaireur et qui a quitté Niamey hier matin, ça y est ils sont arrivés sans encombre ce soir à Agadez vers les 19h, ils ont fait escale hier soir à Tahoua et ils ont rejoint le convoi en début d'après midi à Abalak comme convenu dans le timing .... Bonne nuit à l'auberge de La Tende...

Vendredi 30 mai

Très tard un mail rapide de Bernard, il est arrivé à Agadez.
Les lignes téléphoniques sont très encombrées impossible d'avoir de longues conversations ......
Dans tous les cas tout va bien et ça c'est l'essentiel !

  Samedi 31 mai

Départ à la première heure pour se rendre en brousse jusqu'à jeudi prochain.
Pour le coup ce n'est même pas la peine d'essayer de les contacter rien ne passe !
Mais pas d'inquiétude, ils ont le cordon ombilical qui les relie au monde : le téléphone satellitaire !

Il faudra donc attendre maintenant jeudi soir pour tout savoir sur leur périple.

  Samedi 31 mai

15h: « Tout va bien, on est super bien accueillis partout, on vient de faire les achats de nourriture, on a les autorisations pour se déplacer, on quitte Tanout, on part pour Echkar tout de suite. »
Mais en fait où vont-ils ? Ils posent leurs valises pendant 3 jours et 4 nuits dans un village de brousse composé de maisons en paillote et de tentes touareg où il n'y a pas d'électricité, un seul puits pastoral pour animaux et humains, pas de véhicules, pas de moyen de communication... le bout du monde......à la frontière du désert...
Ils sont exactement à Echkar Tagaza, village qui dépend de la commune d'Aderbissanat située à 110 km au Sud d'Agadez et à 50 km au Nord de Tanout, cette commune est étendue comme un département chez nous (200 km de long sur 300 de large !) et Echkar se trouve en plein milieu à l'Est à 100 km de piste de Tanout.
Et 100 km de piste ! c'est 3 heures en 4X4 ! ou 2 jours de chameau !...
Ce village est composé de 30 familles d’éleveurs ayant perdu partiellement ou totalement leur cheptel suite aux sécheresses et dégâts causés par les pluies. Ces familles de tradition nomade sont dans un dénuement total et doivent obligatoirement pour des raisons de survie se sédentariser. Elles se sont fixées autour d’un puits traditionnel foncé dans les années 1955 qui est très dangereux (effondrement partiel) et qui a souvent un problème de manque d’eau.
La population totale du village et campement environnant est de 1200 habitants.
L'école implantée en 2006 se résume à une classe (si on peut l'appeler ainsi !) et à un logement du maître en paillote pour un effectif de 70 élèves (moitié filles et garçons).
Ces élèves ont leurs familles très mobiles qui se trouvent à 50, 80 et même 100 km de l’école et sont pris en charge provisoirement par les habitants du village.

Un des projets de l'association porté par la commission femmes/enfants a pour finalité de lutter contre l’analphabétisme et les carences alimentaires : « une cantine, un troupeau et un jardin scolaire au profit des écoles en zones nomades de la région d’Agadez »
En mars 2007, ce village touareg a retenu notre attention car il correspondait tout à fait aux critères que nous nous étions fixés pour le choix d'implantation des cantines scolaires dont la mise en œuvre se décline sur 4/5 ans : aide dégressive, création d'un troupeau et d'un jardin d'école l'ensemble doit conduire l'école à l'autonomie.

Dans notre projet nous construisons un puits pour alimenter l'école et le jardin, et celui d'Echkar était prévu à 50 mètres. Or parallèlement le village a obtenu l'accord de l'État pour construire un nouveau puits. Comme cela faisait doublon avec le nôtre nous avons convenu avec le village de basculer les dépenses du puits vers de la construction : un logement décent pour le maître et 2 dortoirs pour les enfants qui restent coucher.

Et la classe ?... c'est là qu'a germé le projet de construction de l'école dans son ensemble.
Et voilà ! notre projet global avec le village d' Echkar maintenant c'est l'autonomie de la cantine scolaire certes mais aussi ce beau projet de  construction de l'école.......
Notre équipée fantastique est donc sur place pour travailler dans le détail le projet avec le village et faire le point sur l'avancement des premiers travaux.

Le plus dur c'est la langue, mais entre Ibrahim, le maître et Kalo (le responsable de la cantine), ils devraient s'en sortir et puis le langage des signes et des regards est souvent très efficace ! On leur fait confiance....

  Lundi 2 juin

Le téléphone satellitaire remplit son devoir à merveille, la communication a été parfaite.
Bernard a pu rapidement brosser tout le travail qu'ils font sur place et c'est là qu'on réalise combien il est nécessaire de se rendre sur site non seulement pour suivre le bon déroulement des projets, mais aussi pour prendre des décisions afin d'apporter des améliorations ou des modifications nécessaires liées à des imprévus...
Ils sont très satisfaits du travail déjà accompli par le maçon, les latrines et le magasin de stockage sont très bien réalisés. C'est de bonne augure pour la suite.
Le puits en construction avance, il est maintenant à 19 mètres (il leur reste encore 30 jours de travail pour arriver aux 50 mètres de profondeur) et la construction est très bien faite. Il faut savoir que dans notre équipe nous avons Jean LAPONCHE – frère d'Arlette – (eh oui c'est une histoire de famille !) qui est spécialisé dans le BTP on peut donc faire confiance à son expertise !
Ça fait à peine deux jours qu'ils sont là-bas et ils ont déjà fait connaissance avec tout le village. Pour communiquer entre eux aucun problème ils ont 4 traducteurs car même le chauffeur parle français.
Ils suivent le programme à la lettre, dès leur arrivée samedi soir ils ont été accueillis comme des rois avec le traditionnel lait de chamelle. Hum ... on s'en lèche les babines rien que d'y penser ......

En fait s'il n'y avait pas cette chaleur, tout serait parfait (Moussa nous a annoncé qu'il ne fait pas loin de 50°).Il fait très très froid la nuit et très très chaud la journée.
Ils vont super bien et sont très heureux de vivre cette expérience extraordinaire ...
On les retrouvera normalement mercredi soir quand ils rentreront sur Tanout.

  Mercredi 4 juin

Ce matin ils ont quitté Echkar en laissant derrière eux leurs nouveaux amis, beaucoup de tristesse dans l'air.... mais c'était un tel bonheur ces moments rares et enrichissants pour tout le monde... que les promesses de revoyure ne seront pas des promesses en l'air !
Après avoir pris la piste de bonne heure ce matin, ils sont arrivés à Tanout en fin de matinée.

Journée de dur travail pour les uns car de véritables négociations sont en cours avec le spécialiste de la tyrolienne, et là... il faut le jouer « marchands de tapis » ! ... et pour les autres on attaque le boulot de la commission informatique menée de main de maître par Bernard FRANÇOIS. Cet après-midi : rendez-vous avec le proviseur et les enseignants du Lycée - CES de Tanout et visite de l'établissement.
En effet le projet de cette commission au lycée de Tanout, afin de suivre la commission médicale dans son redéploiement au sud d’Agadez, est d'installer une salle informatique dans cet établissement. Mais il faudra relever un certains nombres de défis et en premier lieu disposer d’un local correctement électrifié et pas trop exposé à ce sable qui s’incruste sous les touches de clavier.....

En quoi consiste la création d'une salle informatique dans un lycée ? Tout d'abord il s'agit de vérifier sur place la motivation des équipes pédagogiques, la faisabilité technique et une fois que tout le monde est d'accord sur le « cahier des charges » on retrousse les manches. En deux mots, il s'agit d'équiper la salle de classe avec des ordinateurs que nous récupérons, remettons en état dans nos locaux (un merci tout particulier à François Gaudois qui, immanquablement tous les lundis, vient réparer, nettoyer, chouchouter tous ces appareils avant de les estampiller bon pour le Niger !) ensuite il s'agit de former des enseignants sur place (et là merci aux équipes de la Fondation Stéria Institut de France qui se sont succédées depuis plus de 4 ans sur Agadez). Une fois que la salle est opérationnelle, un responsable est nommé et en plus de son travail de formateur, il met en place des activités annexes, telles que réalisations bureautiques, création de documents… qui sont une source de revenus et permettent ainsi d’atteindre une certaine autonomie quant à l’achat de consommables, etc….

Un très beau projet qui fait l'unanimité dans tous les établissements scolaires où nous intervenons ... c'est la rançon de la gloire car on est très demandé maintenant pour installer des projets similaires dans d'autres établissements au Niger !!!!!!

Pour en revenir à notre groupe, il reprennent la route demain matin pour Agadez, ils devraient y arriver en début d'après midi.

Leurs maîtres mots : « on vit des moments extraordinaires, on va avoir des tonnes de choses à vous raconter »

Jeudi 5 juin

Merci Monsieur INTERNET !.... Voici le message de Bernard qui est tombé dans la soirée.

« Nous venons d'arriver a Agadez en fin d'après midi après un séjour de trois jours à Echkar et un à Tanout. A Echkar l'accueil fut merveilleux, les villageois nous avaient préparé une tente ou dormir, mais avons préféré avoir des étoiles à compter pour nous endormir.

Dès le lendemain une réunion de femmes était organisée, avec distribution de vêtements, de fournitures scolaires .... Nous avons ensuite exposé le but de notre venue ici.
Plus tard Jean et Ibrahim ont entamés l'implantation de l'école. Pendant ce temps nous avons été vérifier les travaux déjà réalisés, à savoir un magasin et des latrines. Les bâtiments sont de bonne facture.
De 10 à 16 heures il faut rester caché sous la tente pendant que la température tente d'atteindre (de dépasser ?) les cinquante degrés. Nous profitons de ces moments pour discuter avec les villageois qui viennent nous voir et s'imprégner de leur culture.
En fin d'après midi je vais me promener jusqu'au nouveau puits, les ouvriers ont déjà atteint la profondeur de 19 mètres, l'eau se situe à 40 ou 50 mètres.
Les villageois nous apportent des tas de plats, des litres de lait de chèvre ou de chamelle, parfois avec de la farine de mil, c'est trop. Chacun veut nous offrir quelque chose.
Les jours se succèdent, nous connaissons presque toutes les personnes présentes, nous avons été visiter l'école actuelle (une tente en natte) mais c'est le dernier jour de classe, ce soir, les vacances.
Les travaux de l'école avancent, il faut apporter des modifications au plan initial pour s'adapter aux contraintes du terrain.
A la fin de notre séjour une bonne partie des fondations a déjà été creusée et le mur d'enceinte commence a sortir de terre.

Il est temps de repartir nous avons beaucoup de monde a voir.
A Tanout nous avons rendu visite aux autorités et au personnel de l'hôpital qui bien sûr envoient plein de choses aux membres de l'association qui se sont succédés ces derniers mois.

Une visite au lycée de la ville nous a permis de définir un plan d'action pour créer une salle informatique dans cet établissement, nous espérons avant la fin de l'année.

Ce matin nous sommes repartis en direction d'Agadez où nous venons d'arriver."

  Samedi 7 juin

Deux jours intenses à Agadez sous une chaleur écrasante.

Certes il y a un mieux par rapport à Echkar... ils ont des boissons fraîches ! Mais alors la nuit ... là c'est moins génial, la température ne baisse quasiment pas !

Ces 2 jours sont beaucoup trop courts !... Ce fut la course contre la montre afin d'honorer tous les rendez-vous. Ils ont pu même faire la remise officielle des cantines TULIPE à la pharmacie de cession à 16h cet après midi, le contrat est rempli !

Bravo à tous les 4 car ils avaient une fiche de route particulièrement intense et il semblerait qu'ils aient pu assurer la quasi totalité de leur mission.

Demain matin dimanche départ à 7h avec le bus qui va les amener direct à Niamey. L'arrivée est prévue très tard et si on s'en tient aux 15 h qu'à fait Bernard à l'aller ils sont supposés arriver vers 22h.

Bon voyage

  Dimanche 8 juin

en voilà une bonne.....
« Nous sommes bien arrivés........... à Agadez. »

Non, non... on ne rêve pas !!!!...........
« Nous sommes partis ce matin à 7h d'Agadez et même pas dans le convoi militaire car les chauffeurs des bus se bagarraient et du coup nous étions en retard. Après 35mn de voyage nous avons crevé et... pas de roue de secours !!!!!!!!..... Nous sommes restés bloqués 4h30 avant de faire demi-tour. Nous sommes donc revenus à Agadez !
Malheureusement il est impossible de repartir avant mardi car il n'y a pas de convoi le lundi ! Notre départ se fera donc mardi matin à 7h ... nous espérons surtout ne pas manquer notre avion le soir-même !

Après s'être sérieusement accrochés avec le responsable de la SNTV nous avons obtenu l'hébergement et les repas jusqu'à mardi. C'est vraiment râlant car nous avions tous les éléments pour faire à peu près tout ce qui était prévu et du fait de l'incompétence d'un chauffeur tout ce qui est programmé à Niamey est compromis.....
Voilà un petit peu les nouvelles du front. Jusqu'ici tout allait bien, mais bon.... » c'est l'Afrique.....
Après l'énervement, ils retrouvent enfin leur calme.
Et à part çà ?... tout va très bien. Côté positif... ils vont pouvoir souffler un jour à Agadez.

  Mardi 10 juin

Quelle journée !

Avec dans l'air toujours la même question vont-ils arriver à temps pour prendre l'avion ? Nous avons une heure de décalage en plus par rapport à eux. Départ de l'avion heure locale prévu à 23h10 et il faut y être au maxi une heure avant....C'est possible, mais c'est pas gagné !

Et ce fut plutôt sportif....

Départ à 7h comme prévu.Et bien sûr une crevaison... normal ! Ça aurait manqué de charme sinon !

Un SMS arrive en milieu de journée :
« Abalak 11h20 malgré crevaison, c'est chaud, mais on est toujours en course » . Ils ont mis 4h pour faire 230 km (c'est quand même le plus mauvais tronçon !) et il en reste 760, d'après nos calculs ils devraient arriver vers 22h !« 20h, on vient de passer Dosso, on y croit.... il ne reste que 130 km ». C'est tout à fait possible sans incident....

22h ça y est ils viennent juste d'arriver à l'aéroport et ils embarquent tout de suite ! Arrivée prévue demain matin mercredi à la première heure en France.Bonne nuit et bon vol !

Mission remplie...

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